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Maud HOFMANN, 2017

Construite en 1923-1924, la synagogue est un rare exemple de l'Art Déco. Sa qualité esthétique n'est aucunement prise en compte par ceux qui aspirent à sa démolition.

À l’annonce de la rénovation de la synagogue de la rue Copernic, j’ai eu, bien sûr, un réflexe de joie, car toute rénovation signifie beauté, propreté, harmonie, mais surtout respect de la structure antérieure des lieux. Cependant, ma joie fut de courte durée : elle s’est transformée en déception et tristesse, quand j’ai compris que « rénovation » signifiait, ici, tout détruire, éradiquer toute trace des éléments au style Art Déco, faire oublier l’âme de cette synagogue, pour finalement concevoir ex nihilo un bâtiment tout neuf, moderne, impersonnel et aseptisé. Rien désormais ne différenciera ce nouvel édifice de bien d’autres ouvrages de notre époque. L’une des nouveautés prévues pour ce chantier communautaire est une salle de concert, magnifique, certes, et à l’acoustique idoine. Mais est-ce vraiment la fonction d’une synagogue ? La Philarmonie existe déjà. L’historien Pierre Nora a écrit une œuvre essentielle sur l’aspect sociologique d’un patrimoine à respecter sous toutes ses formes. C’est un livre dont le titre m’a semblé s’adapter tout à fait à ma démarche : Les Lieux de mémoire. Cet énoncé résume, à lui seul, toute l’importance de la mémoire. Il n’y a pas d’avenir sans passé. Il n’y a pas de projets ou de projections possibles sans prendre en considération tout ce qui nous a constitué dans une histoire à la fois singulière et collective. J’ai passé des moments inoubliables dans ma jeunesse, dans ce lieu mythique : dans ce lieu accueillant, chaleureux et beau, grâce à son architecture évocatrice d’une époque passée. Il a abrité la grande Histoire, et la petite aussi : l’histoire de familles et d’individus, sur le fond de laquelle se jouent et se dénouent encore les bonheurs et les tragédies des uns et des autres. J’ai aimé cette synagogue, ce lieu de prières, de rassemblement ; le voir détruit pour en trouver un autre, étrange, étranger, infidèle à mon imaginaire, m’emplit de tristesse.

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