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Techouvah d'Arnold Schœnberg 24 juillet 1933

Le 24 juillet 1933, le rabbin Louis-Germain Lévy, de l'Union libérale israélite, 24, rue Copernic à Paris, rédige, sur papier à en-tête de sa communauté, le document suivant :


Devant nous Louis-Germain Lévy, Rabbin de I'Union libérale israélite, 24 rue Copernic à Paris s'est présenté le vingt-quatre juillet 1933 M. Arnold Schœnberg, ne à Vienne le treize septembre 1874 pour nous exprimer son désir formel de rentrer dans la Communauté d'Israël Apres avoir donne lecture de la présente déclaration à M. Arnold Schœnberg, celui-ci a déclaré qu'elle était bien l'expression de sa pensée et de sa volonté.


Fait à Paris à mon cabinet 24 rue Copernic le vingt-quatre juillet 1933

Lu et approuve : Arnold Schœnberg

Rabbin Louis-Germain Levy

Temoins : Dr Marianoff, Marc Chagall


C'est un document rare, le seul peut-être de son genre dans la longue histoire du peuple juif. Car au candidat-rentrant, le rabbin Louis-Germain Lévy a explique que le droit religieux juif ne reconnaît pas la « désertion » : un Juif, même converti à une autre religion, reste juif, et il n'est point nécessaire d'un cérémonial pour marquer le retour du renégat dans la maison juive. Mais Arnold Schœnberg a insisté. Né juif, converti au protestantisme, il veut que son retour au judaïsme soit consacré par un acte religieux, solennel, grave, et aussi public, une sorte d'épousailles, en présence de deux témoins, devant un rabbin, comme il est d'usage dans le rite juif du mariage. Et le rabbin a fini par consentir, ce qui vaut à l'histoire ce document original et poignant.


André NÉHER, Ils ont refait leur âme.


NOTE

Louis-Germain LÉVY (1870-1946) fut le premier rabbin de l'ULIF.

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