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Un an de combat

Depuis un an déjà, l’APPC (Association pour la Protection du Patrimoine de Copernic) se bat pour préserver la synagogue historique de la rue Copernic. Bien que ce lieu de culte ait fonctionné sans interruption depuis sa construction en 1923, qu’il constitue un des rares exemples d’une synagogue style Art Déco, et qu’il représente un lieu mémoriel marqué par l’histoire de son siècle, ses administrateurs ont décidé sa démolition, afin de le remplacer par un Centre cultuel et culturel moderne, conçu par des architectes spécialisés dans la construction de supermarchés : le cabinet Valode et Pistre. L’idée d’un « Nouveau Copernic » date d’il y a environ cinq ans : depuis l’arrivée du nouveau président de l’ULIF (Union Libérale Israélite de France). Cependant, les tactiques dilatoires utilisées par les administrateurs – telles des promesses d’un temps de « réflexion et de dialogue » avant toute prise de décision, et l’insistance sur le terme trompeur « reconstruction » – permirent au C.A. de dissimuler le danger d’une disparition totale de la synagogue, tout en avançant l’élaboration d’un seul et unique projet (coût estimé : 23 millions d’euros). La présentation officielle de celui-ci lors des fêtes du Nouvel An juif et de Kippour (octobre 2016) à une communauté prise au dépourvu, puis la première « réunion d’information » destinée aux adhérents (le 23 février 2017 : le jour même que la clôture des candidatures au conseil d’administration), rendirent urgente l’intervention de l’APPC. Devant le refus réitéré des administrateurs de dialoguer avec les opposants au projet, les efforts de l’APPC devaient opérer une brèche dans le mur de silence entourant l’organisation communautaire : il fallait alerter, par d’innombrables lettres, les media et les plus hauts dignitaires sur les plans communautaire, national et même international. Dans cette optique, l’ouverture d’un site web permit de réunir toute la documentation entourant « le cas Copernic ». La création d’une page Facebook et d’une pétition (plus de 5 000 signatures) réussirent à inquiéter les administrateurs, mais ne suffirent pas à les faire réfléchir à une alternative plus respectueuse de leur patrimoine. Nombreux furent ceux, extérieurs à Copernic, qui se montraient sensibles à notre cause, notamment les grandes associations de protection du patrimoine et le Ministère de la Culture. Quant aux media, s’intéressant essentiellement aux informations sensationnelles, le patrimoine en tant que tel n’éveillait guère leur curiosité (rares exceptions : Le Figaro, Le Parisien, La Croix, Metula News Agency…). L’APPC exploita donc une autre voie : celle d’alerter les autorités de l’État chargées des questions du patrimoine. Elle sut attirer l’attention de la DRAC qui, le 10 octobre 2017, souhaita visiter l’édifice. L’accès fut refusé à la délégation sous prétexte qu’il s’agissait d’une propriété privée. Cet incident témoignait des efforts du C.A. pour dissimuler la qualité historique et esthétique de l’édifice. À l’intérieur de la communauté, la moindre communication de l’APPC fut interdite, et l’on surveilla même les initiatives de cette dernière à l’extérieur. Quant au conseil d’administration, se constituant essentiellement par cooptation, il demeura sourd à tout avis divergeant. C’est dans cette ambiance figée qu’eurent lieu, le 20 mars 2018, les Assemblées Générales ordinaire et extraordinaire, destinées à officialiser le « Nouveau Copernic » (supposant, au préalable, la démolition de l’actuel édifice), et la création d’une association « culturelle » aux côtés de l’institution cultuelle : la première ayant pour mission de l’emporter sur la seconde, grâce à sa capacité à attirer des subventions et des dons « défiscalisables ». L’Assemblée ordinaire vota en grande majorité en faveur du projet de démolition, tandis que l’Assemblée extraordinaire entérina le changement des statuts de l’ULIF et la création d’une nouvelle entité associative nommée « le 26 ». Cet événement se déroula dans un désordre savamment entretenu – pour mieux noyer toute voix d’opposition ? Pour les défenseurs du patrimoine de la synagogue Copernic, la voie juridique devient désormais incontournable. Dans la perspective d’un litige imminent, elle suppose d’une part la constitution d’un dossier complet des échanges officiels avec l’administration de l’ULIF ; d’autre part, elle nécessite, dans l’immédiat, une contestation de la légalité même de cette Assemblée générale et extraordinaire. L’action de l’APPC suit ainsi plusieurs pistes : – publicité en direction de toute personnalité en mesure de faire savoir le danger qui pèse sur l’édifice ; – alerte des autorités compétentes pour intervenir et empêcher la démolition ; – un dossier juridique portant sur le fonctionnement de l’association loi 1901/1905 de l’ULIF, responsable des lieux. C’est dans ces directions que s’oriente la suite de notre combat. Avril 2018

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